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REGISTRES D
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Ville que tous lesd, meurtres, forces, pilleries et saccagemens cessent, et que ceulx, ausquelz il est permis de retourner en lad. Ville par nosd. lettres de declaration, ne soient travaillez, molestez ny of­fencez, soyt aux portes en entrant et retournant en lad. Ville, ou en leurs maisons qu'il y seront ar­rivez, les faisans joyr du benefice de nosd. lettres de declaration, et que vous ferez si exactement ob­server et rigoureusement punir et chastier ceulx qui y contreviendront, que nous n'en ayons plus de plaincte ; et affin que nous scachons quelle dilligence vous aurez faicte de pourvoir à tout ce que dessus, ne faillez de nous en advertir incontynant.
"Donné à Amboise, le x" jour d'Apvril mil v° lxii, veille de Pasques. »
Signé: CHARLES.
Et au dessoubz : Bourdin*.
Et au dessus desd, lettres [est] escript: A noz trés chers et trés aînez les Prevost des Marchans et Eschevins, manans et habitans de nostre bonne ville et cité de Paris.
Lesquelles lettres feurent apporteez le jour de Pasques, sur les troys heures, par le sr de Laporte.-
de la sentence donnée à l'encontre d'eux pour le faict de la religion, qui sont façons de faire si cruelles, inhumaines et estranges, et des gens si turbulans et séditieux, que nous en sentons offencez infiniment. Et si a plus, car ilz sont causes que les reistres qui s'en retournoient hors nostre royaume, ayans eu advis des choses susd., se sont resoluz de ne passer plus oultre qu'ilz ne voyent premierement toutes choses remises en leur premiere tranquillitté ; et nous craignons que les Allemantz, tant de pied que de cheval, qui se lèvent de nouveau en la Germanye, ainsi que l'avez bien peu entendre, sachans cela,se viennent joindre avecq eulx pour faire remectre en nostre royaume plus grans et périlleux troubles que ceulx qui ont esté par cy devant, à l'entiere ruyne ct surversion de nostre estat M : pour à quoy pour­voir, ainsi que nous voyons et congnoissons le peril ct danger de la chose le requerir, nous vous man­dons, commandons et trés expressement enjoignons que, incontynant la presente receue, vous ayez à vous assembler en vostre Hostel de Ville, encores que ce soyt jour de feste, pour adviser ensemble et donner et establir ung tel ordre et police en lad.
CCCXXXIII. — Assemblée pour adviser sur les lettres du Roy.
12 avril 1563. (Fol. 187 r°.)
Et le lendemain, feurent envoyez mandemens à mess™ les xxim Conseillers de lad. Ville, pour eulx trouver led. jour de lundy, à troys heures de rellevée, en l'Hostel de lad. Ville, où se trouverent, assca­voir :
Monsr le president de Boullencourt, monsr Du Drac, mons' Hennequyn, monsr de Charmeau, monsr de Villabry, monsr le Lieutenant particullier, mons1" de Jumeauville, monsr de Chambourcy, mons' Larcher, sire Jehan Crocquet, monsrLe Lievre, sire Pierre Crocquet, monsr Paluau, monsr Sanguyn, mons1- Perrot, sire Jehan Le Sueur, mons' l'Advocat et mons' Le Prevost.
Après lecture faicte desd, lettres en lad, compai-gnye, ct la malhiere mise en deliberation^ esté ré­solu et advisé d'escripre au Roy et ai la Royne, et luy faire entendre, quant au faict des deux prisonniers
de Poissy qui ont esté tuez, que les conducteurs ont esté cause de leur mort pour avoir publicquement declairé que c'estoient huguenotz qui avoient porté les armes contre le Roy et avoient esté trouvez chargez de plusieurs lettres, et comme espions avoient esté envoyez en ceste Ville, et que de ce le Prevost de Paris en avoict informé et decretté. Quant au second poinct, que la Ville a suyvy la deliberation de la Court prinse avecq mons' le Gouverneur de Paris de faire admonester ceulx qui estoient sortis de la Ville pour le faict de la religion qu'ilz n'eussent à rentrer en lad. Ville jusques après la feste de Pasques, de peur d'esmotion, et aussy que les villes feussent remises en l'obeissance du Roy et les estran­gers sortis de ce royaume,
Et pour remedier à l'advenir qu'i ne soict faict esmotion, a esté advisé de mander les Quarteniers
O Les reîtres licenciés qui regagnaient l'Allemagne commettaient de tels désordres sur leur passage que la Reine-Mère, fort tour­mentée de leurs -pilleries.- et des maux exécrables causés par leur présence, ne savait littéralement à quel saint se vouer; elle voyait bien que toutes prières et remontrances étaient inutiles, la force seule en aurait eu raison, et elle faisait défaut. "Sy j'avoys autant de force en main pour les chastier que de bonne volunté, confiait la Reine à M. de Gonnor, je vous promectz bien que je leur eusse desja faict serrer de si près les talions, qu'ilz ne seroient de ceste heure à piller et saccager noz pauvres subjeetz, comme ilz ont faict jusques icy.» (Voir dans les Lettres de Catherine de Médicis, t. 11, p. 15, les correspondances relatives aux ravages des reîtres.)